Vous écrivez « des aller-retours » ou « des allers-retour » sans trop savoir quelle version est la bonne ? Cette hésitation revient dans les mails professionnels, les copies d’examen et les messages du quotidien. L’orthographe de « des allers-retours » pose problème parce qu’elle touche à une règle plus large : le pluriel des noms composés. Comprendre cette logique évite de trébucher sur des dizaines d’expressions similaires.
Pourquoi le trait d’union change tout dans « aller-retour »
Avant de parler du pluriel, regardons le mot lui-même. Beaucoup écrivent « aller retour » sans trait d’union, comme deux mots séparés. C’est une erreur fréquente.
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Le trait d’union signale que les deux termes forment un seul nom composé, pas deux mots indépendants. « Aller-retour » désigne un trajet complet, un concept unique. Sans trait d’union, on a juste un verbe suivi d’un nom, ce qui ne veut rien dire grammaticalement dans cette construction.
Pensez à d’autres noms composés du même type : un porte-clés, un tire-bouchon, un va-et-vient. Le trait d’union est le ciment qui transforme des briques séparées en un objet linguistique autonome. Pour « aller-retour », c’est la même mécanique.
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Pluriel d’aller-retour : la règle qui s’applique aux deux éléments
Vous avez déjà remarqué que certains noms composés prennent un « s » à un seul de leurs éléments, d’autres aux deux ? C’est ce flou qui génère la confusion autour de « des allers-retours ».
Voici le raisonnement. Dans « aller-retour », le mot « aller » n’est pas le verbe. C’est un nom masculin (un aller, comme dans « j’ai acheté un aller simple »). « Retour » est aussi un nom masculin. On a donc deux noms accolés par un trait d’union.
La règle française pour ce type de construction est simple : quand un nom composé associe deux noms, les deux prennent la marque du pluriel. On écrit donc :
- Un aller-retour, des allers-retours (deux « s », un sur chaque nom)
- Un aller simple, des allers simples (même logique, « aller » est un nom)
- Un va-et-vient, des va-et-vient (ici, ce sont deux verbes conjugués, donc invariables)
La forme « des allers-retours » avec deux « s » est celle recommandée par les dictionnaires actuels. Certains ouvrages plus anciens acceptaient « des aller-retour » invariable, et cette graphie reste répandue dans les écrits courants. Elle n’est pas considérée comme une faute grave, mais elle n’est plus la norme de référence.
Erreurs courantes avec les noms composés en français
Le piège d’« aller-retour » n’est pas isolé. Il révèle un problème plus large avec le pluriel des noms composés, l’un des points de grammaire qui fait le plus trébucher en français.
Mettre le « s » au mauvais endroit
L’erreur la plus répandue consiste à écrire « des aller-retours » ou « des allers-retour », c’est-à-dire ne marquer le pluriel que sur un seul des deux noms. Ce réflexe vient souvent de l’anglais, où seul le dernier mot prend le pluriel (round trips).
En français, chaque nom dans un mot composé nom-nom reçoit son propre « s ». Appliquez ce test : si vous pouvez mettre l’article « un » devant chaque élément séparé (un aller, un retour), alors chacun se met au pluriel.
Confondre verbe et nom dans les composés
Autre piège : traiter « aller » comme un verbe dans « aller-retour ». Si c’était un verbe, il resterait invariable (on écrit « des laissez-passer », pas « des laissez-passers », parce que « laissez » est un verbe). L’astuce est de vérifier la nature grammaticale de chaque composant avant de décider du pluriel.
Quelques noms composés où la confusion verbe/nom revient souvent :
- Des après-midi (« après » est une préposition, « midi » un nom, invariable selon l’usage dominant)
- Des chefs-d’œuvre (seul « chefs » prend le pluriel, « œuvre » est complément)
- Des timbres-poste (« poste » reste au singulier car il a une valeur de complément : des timbres de la poste)
La logique n’est pas toujours intuitive, mais pour « allers-retours », elle est limpide : deux noms, deux « s ».

Orthographe et enjeux concrets : pourquoi ces fautes comptent
On pourrait penser que l’orthographe d’un mot composé est un détail négligeable. Dans certains contextes, la conséquence est pourtant bien réelle.
Le ministère de l’Éducation a confirmé que, pour le brevet à partir de la session 2026, la qualité rédactionnelle (orthographe, syntaxe, grammaire) pèse davantage dans les barèmes. Une copie jugée incompréhensible du fait d’une maîtrise insuffisante de la langue peut se voir attribuer une note inférieure à la moyenne, toutes disciplines confondues.
Des consignes nationales de correction rappellent aussi aux correcteurs du baccalauréat d’être plus fermes sur les fautes d’orthographe. Cette tendance, relayée dans les médias depuis le milieu des années 2020, change la portée de ce qu’on considérait comme de « petites erreurs ».
En dehors de l’école, une majorité de recruteurs considèrent les fautes d’orthographe comme rédhibitoires dans un CV ou une lettre de motivation. Un « des aller retour » sans trait d’union ni marque de pluriel dans un mail professionnel n’est pas catastrophique, mais accumulé avec d’autres erreurs, il envoie un signal de négligence.
Méthode pour retenir la bonne orthographe d’allers-retours
Plutôt qu’une règle abstraite, voici un raisonnement en trois étapes qui fonctionne pour « aller-retour » et pour la plupart des noms composés :
Identifiez la nature de chaque mot. « Aller » : nom (un aller). « Retour » : nom (un retour). Deux noms liés par un trait d’union.
Appliquez la règle nom + nom. Au pluriel, les deux prennent un « s ». Des allers-retours.
Vérifiez le trait d’union. Pas d’espace, pas de soudure. Le trait d’union est obligatoire entre les deux éléments.
Ce raisonnement marche aussi pour « des allers simples » (nom + adjectif, les deux s’accordent) ou « des porte-clés » (verbe + nom, seul le nom prend le « s »).
La prochaine fois que vous hésitez sur le pluriel d’un nom composé, posez-vous la question de la nature grammaticale de chaque élément. Pour « allers-retours », la réponse tient en une phrase : deux noms, deux marques du pluriel, un trait d’union. C’est une des rares règles de français qui ne souffre pas d’exception.

